Dossier de presse
« Clowns au cinéma »
Photographies mises en scènes par Pierre Etaix
Prises de vues par Victor Ede
Textes de Jean-Claude Carrière & Neil Sinyard
Editions In LibriS
Sommaire :
- Un hommage de Pierre Etaix
- Présentation
- Morceaux Choisis
- Note de l’éditeur
- Description du Livre-objet original
T extes de Jean-Claude Carrière & Neil Syniard
Un hommage de Pierre Etaix à :
Buster Keaton, Charles Chaplin, Max Linder,
Stan Laurel et Oliver Hardy, Harold Lloyd, Harry Langdon,
Fatty Harbeckle, W.C. Fields, les Marx Brothers.
Tous ont marqué le cinéma -dit- burlesque.
Tous ont utilisé la tradition du cirque.
La plupart d’entre eux sont passés par les planches du Music-Hall.
Pierre Etaix fait du dessin, s’est produit dans des cabarets et music-halls
parisiens, a travaillé aux côtés de Jacques Tati, a fondé
« l’école nationale de cirque » avec Anne Fratellini,
a écrit et joué pour la télévision et publie des
livres albums. Jeune homme, il rencontre Jean-Claude Carrière à
l’aide duquel il réalise six long-métrages, parmi lesquels
Yoyo (1964), Tant qu’on a la santé (1965). On l’aperçoit
cette année dans Jardins en automne d’Otar Iosseliani.
Dans cet ouvrage, Pierre Etaix leur rend hommage, en toute complicité.
Des clins d’œil à leurs œuvres, des allusions à
leurs parcours, quelques pistes des liens qui les unissent. Ils sont tous représentés
par des jouets, poupées, petites sculptures conçues par les mains
de fée de Pierre Etaix, dans des décors miniatures, éclairés
à la manière de l’époque.
(Charly Chaplin & Max Linder)
Jean-Claude Carrière, écrivain, scénariste, il collabore notamment avec Luis Buñuel, Louis Malle, Milos Forman, Peter Brook... Il donne ici voix à ces clowns pour la plupart restés muets dans leurs œuvres. Qu’est-ce qui ce dit, au Paradis des Clowns ?
Neil Sinyard, directeur d’étude et premier lecteur à l’université
de Hull (UK), spécialisé en cinéma ainsi que en littérature
britannique et américaine, auteur notamment de Silent movies (ed. Magna,
1990), Clasic movies (ed. Hamlym, 1985), Directors : the all-time greats (ed.
Galery Books, 1985), Classic movy comediens (ed. Bison, 1992). Dans cet ouvrage,
il vient remettre nos pendules à l’heure : d’où sont
sortis ces personnages? Quels étaient leurs liens ?
Morceaux Choisis :
« Ils étaient donc frappés de cette étrange maladie qui consiste à vouloir faire rire. Une maladie qu’on attrape à la naissance, qui va en s’aggravant et qui est inguérissable. Aux yeux de certains, cette maladie est même un pêché.
La vie est grave, le monde est triste : rire est une hérésie, surtout quand on le fait sérieusement.
C’est pourquoi, peut-être, dans l’éternité
qui leur est promise (mais non acquise), ils reçoivent, comme châtiment
s’accordant avec leurs travers, d’être devenus des jouets.
Jouets pour enfants ? Pour adultes ? Dans les temps sans mémoire et sans
âge qui les attendent, ces mots n’ont plus de sens.
Des jouets. C’est tout. S’en amuse qui veut.
L’enfer s’exerce souvent sous la forme d’une action répétée
: Sisyphe et son rocher, les Danaïdes et leur tonneau sans fond. Pas de
plus cruelle punition que d’être soi-même à jamais.
Et si ces images disparaissent un jour, ils seront néanmoins condamnés
à répéter inlassablement les mêmes gestes, à
livrer les mêmes combats.
Nous les percevrons, même devenus jouets, comme étant toujours
les mêmes créatures de celluloïd. »
Jean-Claude Carrière

(Buster Keaton)

(W.C. Fields)

(Harry Langdon)
« Il existe une histoire célèbre, bien qu’elle puisse être apocryphe. Un jour un homme vint consulter un médecin et lui dit :
« — Docteur, vous devez m’aider, je suis profondément
déprimé, ma vie est un naufrage, je me sens suicidaire. Que puis-je
faire ?
— Ne soyez pas désespéré, je connais le parfait remède
; répondit le médecin. Allez voir le grand clown, Grock. C’est
un génie comique, il exécute des numéros, avec des objets
et des instruments qui vous feront rire aux larmes.
— Vous n’avez pas compris, dit l’homme calmement, je suis
Grock».
Le clown est une création complexe et hybride. Il est (le clown est toujours de sexe masculin) à la comédie ce que le courtisan est à l’amour : ses yeux vous regardent malicieusement, mais, son sourire est peint.
Avec sa tenue et ses bouffonneries, il parvient à soulager les autres de la mélancolie, mais conserve la sienne. Il est drôle, vu de l’extérieur, et pourtant si l’on en croit le philosophe Thomas Hobbes, cette sorte de difformité visuelle – cette face de spectre grotesque, avec son gros nez, son costume criard et ses chaussures démesurées est l’une des principales sources de l’humour, provoquant chez le public, un rire qui provient d’un sentiment de supériorité.
Néanmoins, on se demande quel mystère peut se cacher derrière
le masque.
Il y a plusieurs siècles, le grand essayiste Montaigne s’était
risqué à suggérer que le clown sublime n’avait peut-être
pas besoin « de se mettre de la farine sur la figure, d’endosser
des habits extravagants, et de se cacher derrière des grimaces et des
gesticulations d’insensé ». Il pourrait au contraire nous
faire mieux partager les raffinements de son art en portant un costume de tous
les jours. En cherchant à redonner au clown un aspect humain, il semblait
appeler de ses vœux, quelque chose qui pourrait, en ôtant tout maquillage,
révéler le clown, non pas en tant que Pierrot, escroc ou bouffon,
mais en tant qu’homme, tout simplement. L’instrument qui permit
cette nouvelle intimité entre le clown et son public, ce fut la caméra.
»
Neil Sinyard
Enfin, si on peut les regrouper dans cet ouvrage, ces cinéastes ne forment-ils
pas un des plus importants mouvement du cinéma ?
Et si on peut parler d’un mouvement, ne serait-il pas un des plus importants,
le plus universel ?

(Laurel & Hardy)

(Les Marx Brothers)
Note de Victor Ede, éditeur :
« Nous avons fait cette série de photographies comme on aurait
fait un film avec un casting impossible : les douze plus grands comiques du
cinéma réunis dans la délicatesse de la mise en scène
de Pierre Étaix.
Il a conçu lui-même ces petites figurines qui ont permis par la
suite à Jean-Claude Carrière de penser que ces personnages sont
des jouets pour nos âmes de spectateurs… Chaque photographie, chaque
scène a été pensée au préalable par Pierre
Etaix sous forme de croquis, tel un story-board. Puis, nous les confrontions
à la réalité de la photographie… Pour parfois tout
changer !
Je garde une petite pensée nostalgique pour certaines versions de prises
de vue qui n’ont pas été conservées au final…

(Buster Keaton)
Description du Livre-objet original :
Edition limitée numérotée et signée par les auteurs
:
> 12 exemplaires (26x36cm environ) reliure plein cuir;
> 24 exemplaires (26x36cm environ) reliure pleine toile anthracite.
La couverture présente une ouverture vitrée ronde (environ 12
cm de diamètre). Le verre est sablé à l’effigie d’un
graphisme réalisé par Pierre Etaix.
12 photographies argentiques noir & blanc (environ 20x25cm) tirées
sur papier barytés, réalisées par Pierre Etaix et Victor
Ede.
Accompagnées de 12 « pages lucarnes » ouvrant sur un détail
de la photographie, et présentant les textes de M. Carrière en
français et en anglais imprimés en marquage à chaud couleur
crème sur papier gris.
Un cahier de douze pages comportant le texte de Neil Sinyard en français
et en anglais imprimé en Jet d’encre Ultrachrome (longue conservation)
sur papier crème.
Tirages : Picto Bastille (Paris).
Texte en marquage.
Reliure réalisée par Julien Martial (atelier Martial, Paris).