> Biographie
> Extraits d'entretien à propos du dessin,
de sa découverte du cinéma, et du cinéma
comique
Pierre
Etaix est né, a passé son enfance, son adolescence, et a fait
ses études à Roanne.
Jeune homme, il monte à Paris et y rencontre Jean-Claude Carrière
avec qui il partage un goût prononcé pour le burlesque et le
cinéma comique américain de la grande époque.
Ensemble, ils écrivent (et réalisent deux courts métrages
: Rupture (qui obtient un Oscar à Hollywood) et Heureux anniversaire.
Pierre Etaix fait du dessin (il a été formé à l'art du vitrail par le Maître verrier Theodore-Gérard Hanssen), se produit dans les cabarets et music-halls parisiens, travaille aux côtés de Jacques Tati pour Mon oncle, réalise ses cinq longs métrages (tous, sauf le dernier, co-écrits par Jean-Claude Carrière), à savoir : Le soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé, Le grand amour, Pays de cocagne.
Avec Annie Fratellini, il fonde l'«Ecole Nationale du Cirque», l'anime et s'y produit en clown. Il écrit et joue pour la télévision : Une fois n'est pas coutume que met en page Jean-Christophe Averly.
Il publie quatre livres-albums chez Glibert Salachas :
> Le carton à chapeaux (hommage graphique à quelques géants de l'art cinématographique: Fellini, Renoir, Hitchcock, Chaplin, Keaton, Tati, Linder, etc.),
> Daclylographismes (jeux de mots, de caractères, de textes, de mises en pages, reposant sur l'utilisation de la machine ~ écrire),
> Croquis de Jerry Lewis (quatre-vingt dessins et un impromptu sur l'art de faire rire),
> Vive la pub (réflexions «distancées sur un phénomène contemporain dont le meilleur parti à tirer est celui d'en rire avec un crayon, des plumes et des couleurs).
Il a écrit (toujours en collaboration avec Jean-Claude Carrière)
deux scènarios de longs métrages qui seront tournés l'un
en 1985 : Nom de Dieu, I'autre en 1986 : Fôst.
Et également une pièce de théâtre montée
à la Comédie des Champs-Elysées : L'âge de Monsieur
est avancé, interprétée par François Périer,
Bernard Haller et mise en scène par Jean Poiret.
« J 'ai commencé tout jeune à dessiner. J'ai eu la chance
de rencontrer un ami de mon père qui était un peintre qui travaillait
avec Lotte - un cubiste. Il m'a appris les rudiments. Il trouvait qu'il y
avait quelque chose dans mes dessins, quelque chose qui touchait à
l'imagination. Il m'a tout de suite dit qu'il ne fallait pas copier mais qu'il
fallait dessiner, faire du modèle vivant. Il me faisait faire beaucoup
de croquis durant les vacances. Ça a commencé comme ça,
et puis j'ai appris l'anatomie, la perspective, l'ombre et la lumière.
Après, j'ai eu aussi la chance de rencontrer un maître verrier
avec lequel je travaillais... J'ai toujours mené plusieurs activités
en parallèle. Ça me paraissait important, parce qu'une chose
nourrit l'autre. Et puis le cinéma fait appel à de nombreuses
disciplines, très différentes. C'est comme le cirque. Si vous
voulez faire le clown, il faut apprendre à cascader, apprendre à
danser, la musique, la prestidigitation, enfin plein de choses qui servent.
»
« Ce qui est certain, c'est que je ne suis venu au cinéma que
par nécessité. J'y suis venu parce qu'il y avait des choses
que je ne pouvais pas faire ailleurs. A partir du premier court métrage,
je me suis dit : "Ça, c'est une chose qui peut faire rire. Sur
scène ou sur la piste, on ne verrait rien. »
« Je ne peux pas donner de qualificatifs aux choses, c'est très
difficile. Ce qui est certain, c'est que je ne sais pas si le mot "burlesque"
convient pour les films de la grande époque... Pour moi, c'était
des films comiques. Comique au sens propre du terme, des films qui étaient
réalisés pour faire rire, avec le langage universel qu'était
celui des années 25-30. Tous les grands cinéastes de cette époque
étaient des gens qui n'avaient pas recours... qui se sont exprimés
plus physiquement que verbalement, et qui ont cherché des situations
comiques, des gags... Ça, c'est quelque chose qui passait les frontières,
très facilement. Si je n'avais pas eu l'occasion, dans ma jeunesse,
de voir beaucoup de films de Laurel et Hardy, de Chaplin, et de Harold Lloyd,
il est vraisemblable que je n'aurais pas eu ce goût pour ce cinéma-là,
qui était pour moi le seul, l'unique... Ce que je veux dire... Ce n'est
pas la comédie au sens où on l'entend en France : une comédie
toujours bavarde qui traite de sujets plus ou moins vaudevillesques. En tout
cas, des sujets qui n'ont pas la simplicité des thèmes universels.
Regardez Laurel et Hardy. »
propos recueillis par Victor Ede
> synopsis
> essai sur la figure du clown de cinéma